Prochain scrutin provincial : les entreprises collectives doivent se positionner

Regards d’expert·e·s

15 avril 2026


Élections provinciales : agir pour influencer, stratégie électorales, entreprises collectives

Rédigé par :

Luka Aubin-Jobin
Directeur des affaires publiques

Avec le récent changement de garde à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, le paysage politique québécois a finalement complété son renouvellement. Nous connaissons désormais tous les chefs de parti en lice pour les élections provinciales de l’automne prochain : la course est officieusement lancée. Pour les entreprises collectives, c’est également le moment d’amorcer les réflexions en vue des prochaines élections. Car ceux qui sauront procéder avec stratégie lors des mois à venir seront mieux positionnés pour faire avancer leurs enjeux dans la prochaine législature.

Les périodes électorales sont souvent perçues comme des zones d’incertitude où il vaut mieux attendre et voir. Au contraire, c’est l’un des moments où les partis politiques sont les plus activement à l’écoute, où les engagements peuvent être sollicités et où les revendications des organisations peuvent résonner davantage auprès du grand public. Les élections provinciales représentent l’un des moments les plus fertiles en affaires publiques.

Première étape : faire le point en interne avant de regarder vers l’extérieur

Avant d’engager quelque démarche que ce soit auprès des partis politiques, il est essentiel d’avoir les coudées franches. Quelles sont les priorités à jour de votre organisation ? Quels sont les enjeux pour lesquels vous êtes en mesure de défendre une position documentée et crédible ?

Pour les entreprises collectives, cette étape passe par l’implication du conseil d’administration (C.A.), qui, dans certains cas, doit approuver les grandes orientations revendicatrices. L’appui du C.A. donne non seulement un poids institutionnel à vos démarches, mais il vous confère également un mandat clair pour vous exprimer au nom de votre organisation. Si vous avez participé aux consultations prébudgétaires au cours des dernières années, vos mémoires constituent d’excellents points de départ pour arrimer vos demandes au contexte électoral actuel.

Deuxième étape : identifier et rencontrer les porteurs de dossiers dans les partis

Une fois vos revendications établies et approuvées, l’étape suivante est d’entrer en contact avec les bonnes personnes au sein des partis politiques. Et ces bonnes personnes, ce ne sont pas toujours les chefs ou les présidences de parti. Ce sont les porteurs de dossiers, c’est-à-dire les ministres et les porte-parole responsables des enjeux qui touchent directement votre secteur.

Transmettez-leur vos revendications par écrit, sollicitez une rencontre et profitez de ces échanges pour mieux comprendre les orientations thématiques que chaque parti entend défendre en campagne. Ces informations vous permettront d’ajuster votre stratégie et de moduler vos messages selon votre interlocuteur. Cette approche ciblée est nettement plus efficace que de chercher à obtenir l’attention d’un chef ou d’une présidence déjà sollicités de toutes parts.

Troisième étape : officialiser vos demandes par une correspondance formelle

Une fois les premiers échanges complétés, il est recommandé de rédiger une lettre formelle de demande d’engagement adressée à chacun des partis politiques. Cette lettre, structurée sur la base des plateformes électorales, notamment, permet de formaliser vos attentes et de créer un document de référence pour la suite.

Cette opération est grandement stratégique pour plusieurs raisons : tout d’abord elle demande un positionnement des partis sur des enjeux parfois oubliés lors de la campagne. Ensuite, les réponses deviennent un outil de représentation lors de la législature lorsque vous serez à la recherche d’appui, autant au sein du gouvernement qu’auprès des oppositions.

Quatrième étape : occuper l’espace public pendant la campagne

La campagne électorale est un moment où l’attention politique et médiatique est particulièrement intense. Pour les entreprises collectives, c’est une occasion de prendre part au débat public, de rendre visibles leurs contributions à la société québécoise ainsi que de se présenter comme une solution alternative et crédible aux différents enjeux de notre société.

Les outils sont multiples : lettres ouvertes, communiqués de presse, prises de parole publiques, participation à des événements thématiques. Le choix des actions doit être proportionnel à l’ambition et au budget de votre organisation. Ce qui est essentiel, c’est d’exercer une veille active de l’actualité politique et de saisir les occasions d’intervenir lorsque les thématiques qui vous concernent font surface dans le débat public. L’opportunisme et l’agilité sont des atouts qui vous permettront de vous inviter dans l’actualité et de faire connaître votre cause.

Cinquième étape : ne pas oublier l’après

Une fois les élections passées, le travail de représentation n’est pas terminé, bien au contraire. Il est recommandé d’envoyer des lettres de félicitations aux partis élus dans les jours suivant le scrutin. Ce geste, simple, mais important, permet d’entamer la nouvelle relation sur une note positive. Le tout semble bien loin, et les méthodes d’approche sont multiples, mais il est bon d’avoir déjà en tête que ce type de geste permet de reprendre, ou d’entamer, plus rapidement les travaux avec les nouveaux cabinets ministériels.

Les entreprises collectives ont tout à gagner à se mobiliser

La période qui s’amorce est une opportunité qui ne se présente normalement que tous les quatre ans. Tous les joueurs sont maintenant en place, les plateformes électorales sont en cours de construction et les partis sont réceptifs aux représentations des organisations qui savent se faire entendre. Pour les entreprises collectives, qui ont l’avantage d’incarner des solutions ancrées dans les communautés, le moment est particulièrement favorable.

En somme, les entreprises collectives doivent faire entendre leur voix avant et pendant la campagne. Faire valoir leurs priorités, participer aux débats publics, se mobiliser et transformer le contexte politique en opportunités concrètes. L’impact des élections de l’automne sur leurs organisations dépendra, entre autres, de la manière dont elles choisiront d’y participer !

Les experts du Consortium vous accompagnent dans l’ensemble de ces démarches. Nous vous invitons à entrer en contact avec les experts en affaires publiques pour toute question en lien avec cette chronique.

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